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Interviews et Tibunes libresd 

 

« Il va falloir admettre que certains emballages en plastique ne sont pas justifiés »

Auteur du livre « La Révolution de l’Emballage », Fabrice Peltier, designer et consultant, prépare déjà le second volet de cette analyse. Qui fera la part belle à trois grands enjeux : la clarification de la fin de vie des biosourcés, la véritable utilité des plastiques à usage unique et le réemploi. Interview.

Intitulé « L’émergence de nouvelles solutions », la première partie de votre Révolution de l’Emballage dresse l’étendue des pistes d’éco-conception qui sont déjà disponibles ou qui se profilent sur le marché. Face à toutes ces options, comment faire un choix ?
Fabrice Peltier : On m’appelle souvent pour me demander quel est l’emballage idéal. Je réponds qu’il ne faut pas se focaliser sur l’emballage mais sur le couple contenant/contenu, sur toute la chaîne. Cela ne sert à rien, par exemple, de copier son concurrent en matière d’éco-conception car ses contraintes de production, de transport, de distribution sont peut-être différentes. Et auront un impact sur la conception de l’emballage qu’on vend en palettes ou pas, qu’on exporte ou pas, etc. La seule façon de procéder est d’appliquer une méthode d’éco-conception pour chaque application, Génepack par exemple, en faisant un streaming complet sur toute la chaîne pour éviter les transferts d’impact.

Au risque, peut-être, de choisir une option dont l’Analyse de Cycle de Vie (ACV) soit moins favorable ?
F.P. : Sur ce point, ma philosophie est claire : il faut se détendre sur la question du carbone dans l’emballage ! Dans la plupart des produits alimentaires, exception faite des liquides, l’impact carbone du contenant représente 5 à 8 %. Vouloir réduire l’impact carbone de l’emballage c’est travailler sur l’épaisseur du trait. Il ne faut pas s’arrêter à un seul indicateur. Et se dire aussi que, s’ils sont moins disant que le plastique, qui est plus léger, les matériaux alternatifs sont nouveaux et pas encore optimisés. On a 10 à 15 ans de recul sur les plastiques. Il y a quelques années, les bouteilles d’eau pesaient trois fois plus lourd qu’aujourd’hui. Il n’est pas incongru de penser que les matériaux renouvelables réduiront leur impact dans les années à venir.

Avec la fin annoncée des ressources fossiles, ces matériaux alternatifs listés dans votre livre (à base d’algues, de co-produits de l’agriculture ou de l’agroalimentaire, intégrant de la craie, etc.) sont pour vous de vraies pistes d’avenir. Mais pas avec le compostage ou la biodégradation comme fin de vie. Pourquoi ?
F.P. : Cela va être le vrai sujet des mois aà venir. Ces matériaux alternatifs qui utilisent des sciures de bois, des pelures de patates, etc., en général en composite avec des polypropylènes ou des polyéthylènes d’origine fossile ou végétale, sont vus d’un bon œil. Et se sont engouffrés dans la voie du compostage industriel ou domestique. Seulement, pour moi, seuls les produits qui poussent dans la nature peuvent retourner à la nature. La nature n’a pas été programmée pour détruire ce qu’elle n’a pas produit, à un rythme qu’on lui donne. Est-ce raisonnable de faire retourner à la terre des produits qui contiennent des encres, peut-être des huiles minérales ou d’autres substances nocives ? Alors même que les fabricants font la chasse au milligramme de pesticides dans leurs produits alimentaires ?

Quelle est alors la voie d’avenir pour ces matériaux alternatifs ?
F.P. : Le réemploi, la réutilisation, le recyclage, là ce sont des fins de vie qui permettront de ralentir l’overshoot day (ndlr : date à partir de laquelle la Planète consomme plus de ressources qu’elle n’en produit). Je milite plutôt pour la révolution du recyclage, dans laquelle les emballages deviennent eux- mêmes des co-produits, à l’exemple du polyal issu de l’alliage plastique/aluminium des briques de lait ou de jus. J’ai installé du mobilier en polyal dans ma commune à Combloux : il ne bouge pas, là où une chaise en PE a une durée de vie de trois ans. Je crois à ce que certains appellent maintenant l’up-cycling, qui n’est autre que le recyclage historique. Regardez comme ça peut être intéressant de réintégrer des coquilles, des poussières de craie, etc., pour fabriquer d’autres matériaux. Ramener la matière à zéro, en boucle fermée, comme va le permettre le recyclage chimique ne sera pas une solution pour tout.

Concernant les plastiques, vous appelez à un changement des mentalités. Lequel ?
F.P. : La première révolution des plastiques qui consiste à les rendre recyclables, en développant des mono-matériaux est déjà en cours. Demain, il faudra admettre que certains emballages en plastique ne seront tout simplement ni justifiés ni essentiels. En RHD, par exemple, c’est quand même insensé de se dire qu’on nous sert une salade dans un emballage en plastique qu’on va, au pire, jeter au bout de dix minutes si on mange sur place, au mieux au bout de 20 minutes si on l’emmène au bureau. C’est comme si on allait acheter son pain au bout de la rue en hélicoptère ! C’est le sens de l’interdiction de certains emballages par le règlement SUP (single use plastic), mais il va falloir continuer à légiférer pour arriver à une utilisation du plastique vraiment nécessaire.

Quelles solutions pour ces marchés ?
F.P. : Proposer des emballages réemployables ou en tous cas moins sophistiqués, peut-être sans couvercle. Prenons un tout autre exemple, celui des pompes de parfum. Un fournisseur m’a confirmé qu’elles supportaient jusqu’à un million de pressions, sauf que le flacon est vidé et jeté au bout de 30 000 pressions seulement. C’est l’inverse de l’obsolescence programmée ! Brune Poirson, qui préface mon livre, a eu le courage de légiférer sur le sujet dans l’objectif de transformer le système productif pour mettre la préservation des ressources naturelles en son cœur. Il faut arrêter ces pratiques et se redemander, si je devais concevoir mon produit aujourd’hui, est-ce que ce serait raisonnable que je le refasse de la même manière ? Tous les produits ont aussi été conçus pour être distribués en grande distribution. Mais ces couples produits/emballages sont-ils adaptés aux autres circuits de distribution ? Il faudra inventer les emballages pour tous les secteurs.

Votre seconde Révolution va aussi faire la part belle au réemploi. Une autre illustration des mentalités qui évoluent du tout jetable vers le réutilisable ?
F.P. :
Clairement. Le réemploi, ce n’est pas juste un emballage, c’est tout un système logistique à créer. Il ne sera peut-être pas aussi vertueux qu’on l’espère au démarrage mais n’oublions pas que ça peut remplacer des emballages qui bénéficient de 20 à 30 ans d’incrémentation. Le réutilisable, qui consiste à trouver un nouvel usage à son emballage a aussi du sens. Certains diront que c’est un retour en arrière. C’est plutôt un retour aux sources. Tout ce mouvement est enclenché, on ne reviendra justement plus en arrière.

Karine Ermenier, Process Alimentaire, le 4 janvier 2021d 


Comment réduire le volume de nos emballages pour les fêtes ?
 

La fin de l’années la période la plus consommatrice en emballages. Et les réveillons confinés de 2020 devraient battre des records. Un expert nous donne des conseils pour limiter dégâts.

Dépenses, calories, boissons… La période des fêtes est celle de tous les excès et les emballages n’échappent pas à la règle. Notre consommation de boîtes, barquettes, pots et autres bouteilles augmente en moyenne de 20% durant la dernière quinzaine de décembre. Et le record devrait tomber cette année, comme l’anticipe le spécialiste Fabrice Peltier.
« Les restaurants étant fermés, même s’il y aura de la livraison à domicile, environ 75% des repas seront pris à domicile. Les gens vont faire plus de courses et vont se retrouver avec beaucoup plus de déchets issus de l’emballage, prévient-il. Les restaurants produisent eux aussi de déchets, mais ils travaillent avec de grosses quantités, de plus gros contenants et donc moins d’emballages. » Voici donc quelques conseils pour réduire nos déchets pour les fêtes. 

Pour vos courses, augmentez le volume
Pour préparer les réveillons de Noël et du jour de l’an, et dans la vie de tous les jours, « Il est impératif de privilégier les emballages recyclables. » insiste Fabrice Peltier. « Il y a le verre, le papier, le métal et certains plastiques. Cela est indiqué sur l’étiquette, à côté de la liste des ingrédients. »
Selon lui, citadins et ruraux ne sont pas égaux face aux emballages. « En ville on peut faire des courses au jour le jour, sans prendre sa voiture. Il est donc plus facile d’acheter en vrac et de réduire ses emballages. En montagne ou à la campagne, c’est plus difficile car on fait ses courses moins régulièrement, surtout en cette période de covid. »
Fabrice Peltier conseille d’éviter le plus possible les emballages individuels et d’opter pour les gros volumes. » Par exemple, une barquette de margarine de 200 grammes ne contient pas 2 fois plus d’emballage qu’une barquette de 100 grammes. Il faut se dire que, oui, elle est un peu plus chère, mais elle durera plus longtemps et on fait un geste pour l’environnement. »

Comment emballerais cadeaux ?
« Pour les cadeaux, la quantité de déchets est double puisqu’il y a l’emballage originel de l’objet et le paquet cadeau. Vous remarquerez que le sac qu’on utilise pour transporter les cadeaux est souvent trop petit pour contenir les emballages une fois déballés. », illustre Fabrice Peltier.
Le papier cadeau est entièrement recyclable, donc pas de problème… sauf que certains contiennent du plastique. Privilégiez donc le 100% papier. Si vous l’avez déjà acheté, un test simple permet de savoir s’il y a du plastique (et ainsi le jeter dans la bonne poubelle) essayez de le déchirer, si le papier résiste, c’est qu’il contient du plastique. Même chose pour le ruban.
« Ne tartinez pas votre paquet de scotch, qui est un perturbateur du recyclage, ajoute l’expert. Ne chiffonnez pas le papier cadeau, car il est plus simple de recycler le papier lisse. Et remettez à plat les boîtes, cela prendra moins de place dans poubelle et donc dans le système de tri. » Enfin, une autre solution venue du Japonais fureur cette année : le furoshiki, un emballage en tissu réutilisable. Vous voilà prêts passer des fêtes plus écoresponsables que jamais. 

Pierre Charles, Le Dauphiné Libéré, Jeudi 24 décembre 2020d  


Prendre de la hauteur
 

Fabrice Peltier - VégétableDiminuer la pollution plastique signifie-t-il tout remplacer par du carton ? Est-ce possible ? Est-ce plus vertueux que du plastique recyclé ? Fabrice Peltier, consultant et designer spécialiste de l’emballage alimentaire, porte un regard aiguisé et engagé sur l’emballage, un objet bien plus complexe qu’on ne le pense, qui cristallise tous les enjeux.

Qui se souvient de l’aviateur qui dessine une vulgaire boîte rectangle en réponse au Petit Prince, qui lui demande « Dessine-moi un mouton » ? Et de la joie du Petit Prince de voir enfin, à travers cette boîte, le mouton de ses rêves ? L’image résume bien le paradoxe de l’emballage. Il a un rôle crucial pour accompagner le produit, mais l’utilisateur final ne le voit pas. Du moins, il ne le considère pas, sinon comme un tas de déchets à jeter une fois que le produit est déballé ou consommé. Or l’emballage est un objet extrêmement élaboré, technique, qui doit remplir de multiples fonctions. Avant de mettre en valeur son produit, l’emballage doit le protéger des éléments extérieurs délétères, améliorer sa conservation, faciliter son transport en gros par l’optimisation des volumes et donc du transport, assurer une bonne mise en rayon, garantir la praticité pour le consommateur final qui s’en saisit et le porte jusqu’à son domicile. Bref, « il faut arrêter de ne considérer l’emballage que lorsqu’il est un déchet, qu’en fin de vie », avertit Fabrice Peltier.

Rappelons que l’emballage n’entait encore que papier, carton, bois, verre et matières textiles jusque dans les années 1970, où l’avènement des technologies du plastique ont créé des matériaux tellement performants qu’ils ont littéralement envahi et transformé les emballages du quotidien. Jusqu’aux outrances que l’on connaît du suremballage, du tout jetable et de la pollution mondiale par le plastique. Jusqu’au point où ce plastique, justement, est devenu la cible de campagnes de communication massives, écologistes et parfois plus opportunistes, faisant de lui l’ennemi public numéro un et de son éviction un nouveau symbole de vertu. À l’écoute des tendances sociétales, la filière fruits et légumes n’a pas tardé à prendre le sujet à bras le corps, en multipliant les initiatives privées pour réduire les plastiques dans les conditionnements. Un coup d’accélérateur a été donné en janvier dernier, avec la loi économie circulaire qui interdit littéralement tout plastique et toute matière non composable (en domestique) pour le rayon fruits et légumes à partir du 1er janvier 2022, hors lots supérieurs à 1,5 kg. Un coup de tonnerre vécu comme une injustice par la filière, avant que la crise sanitaire de la Covid-19 ne vienne à son tour rappeler que le conditionnement, synonyme d’hygiène et de praticité, est aussi un réel besoin. La frénésie récente sur le sujet et les enjeux très lourds pour les entreprises de fruits et légumes méritent bien qu’on prenne un peu de hauteur pour mieux comprendre la boîte à mouton de Saint-Exupéry. 

Que vous inspire cette marche forcée vers la suppression du plastique ?
Fabrice Peltier :
Certes, aujourd’hui il n’y a pas mieux que les performances du plastique et le calendrier imposé aux fruits et légumes est injuste vis-à-vis des autres filières alimentaires, mais nous n’avons pas le choix. Il faut enlever le plastique, parce qu’on le retrouve dans les océans, parce que c’est une matière fossile. Utiliser des matériaux renouvelables est obligatoire. C’est une question d’éthique vis-à-vis des générations futures. L’interdiction du plastique s’appliquera à tous en 2030 de toute façon et représente une tendance forte au niveau de l’Europe. La filière fruits et légumes deviendra avant-gardiste sur le sujet. Nous sommes dans la bonne direction.

Quel est le plus vertueux entre du plastique que l’on recycle, du papier-carton issu de cultures agricoles ou d’autres solutions ?
F.P. :
Il faut considérer la question dans une perspective temporelle. Aujourd’hui, du plastique issu de la filière de recyclage, comme le rPET, a un bon bilan carbone, meilleur que le papier-carton dont la technologie, en pleine évolution, est gourmande en ressources. Mais les bilans carbone des matériaux renouvelables sont en train de s’améliorer. La R&D est en pleine émulation. L’enjeu est vraiment de considérer la finalité à long terme de la transformation en cours, à savoir réduire drastiquement nos prélèvements d’énergies fossiles et nos rejets délétères comme le plastique ou les gaz à effet de serre. 

Comment ?
F.P. :
La ligne directrice se décline en trois points. D’abord, en réduisant drastiquement la part du plastique, quelle que soit son origine, biosourcé ou fossile. Car le plastique demeure ensuite un polluant dans la nature. Même les plastiques dits composables ne se dégradent en réalité que dans les conditions industrielles. Aujourd’hui, un sac plastique « composable » du rayon fruits et légumes mettra trente ans pour se dégrader dans l’océan. La seconde priorité c’est augmenter les matériaux d’origine renouvelable, papier, carton, bois, fibres textiles, etc. Et enfin, augmenter le réemploi des emballages, quels qu’ils soient. Il est tout de même absurde qu’un emballage, qui doit avoir des fonctionnalités de protection, d’usage et de résistance hors du commun, soit jeté alors qu’il conserve encore toutes ces propriétés. C’est la forme la plus ultime, voire absurde, de l’obsolescence programmée ! Souvenons-nous du principe de Tupperware®, créé en 1946, conçu pour être garanti à vie. On peut imaginer avec des emballages réutilisables tout un système de commercialisation adapté.

La meilleure solution ne serait-elle pas de se passer d’emballage ?
F.P. :
C’est un leurre. L’emballage est nécessaire, à divers égards. Même dans le vrac, il faut des contenants. Des supports pour présenter les produits, puis des solutions pour que les consommateurs les emportent. Et, dans certains cas, sans emballage qui protège les produits, on augmenterait substantiellement le gaspillage alimentaire. L’impact sur la planète n’en serait pas meilleur, quand on sait que l’emballage ne représente qu’entre 5 à 7 % du bilan environnemental d’un produit alimentaire. La solution n’est pas de ne rien faire, mais de bien faire.

Concrètement, pour les fruits et légumes, que préconisez-vous ?
F.P. :
L’idée est de travailler sur le « juste » emballage, celui qui rend le maximum de services pour un minimum d’impact. Je travaille avec une méthode d’écoconception, par l’analyse complète du cycle de vie de la production jusqu’au recyclage de l’emballage. Les solutions sont variables selon les produits, selon les pays, selon les circuits de distribution, etc. Aujourd’hui la majorité des emballages du marché a été conçue pour la grande distribution.
Or ces réseaux évoluent, bouleversés par les circuits de proximité, le digital, les systèmes d’abonnement... Pour inventer les justes emballages, il y a besoin d’expertise et de créativité. À cet égard, j’observe un véritable investissement de la part de grands groupes des fruits et légumes en partenariat avec des industriels, qui ont compris qu’il fallait faire de la contrainte législative une opportunité et se sont mis en mouvement. Ils ont compris qu’il ne fallait plus dépendre des fournisseurs, de leurs propres sous-traitants, qu’il ne fallait plus subir, ne plus agir en amateur. Maîtriser, internaliser la question de l’emballage, c’est se garantir un aspect fondamental de la survie de leur entreprise. Il n’y a pas de temps à perdre à essayer de lutter contre le législateur, c’est une lame de fond.

Le papier-carton peut-il totalement remplacer le plastique ?
F.P. :
Par rapport au plastique, les matériaux en papier-carton présentent encore trois principaux freins : le manque de transparence, la perméabilité et l’importance du rapport poids-résistance. Aujourd’hui, ces inconvénients sont souvent résolus par l’adjonction d’une faible quantité de plastique en plus du papier-carton. Par exemple, une fenêtre en plastique (qui peut être biosourcé, comme l’acétate de cellulose) pour rendre le produit visible à l’intérieur d’une poche papier ou d’une barquette carton. Ou encore l’adjonction d’une très fine pellicule de plastique dans une poche papier pour l’imperméabiliser, comme dans les briques alimentaires. Ces techniques permettent de réduire drastiquement les quantités de plastique utilisé et n’empêchent pas le recyclage du papier-carton, qui sont admis dans les filières dans la mesure où la quantité de plastique est minoritaire. Néanmoins, ces solutions ne seront plus admises dans le rayon fruits et légumes à compter de 2022. La recherche en la matière est extrêmement active, des technologies comme la chromatogénie* pourrait permettre de rendre le papier-carton hydrophobe, donc étanche, sans ajout de matière. D’autres travaux cherchent à alléger ces matériaux, encore volumineux et lourds. Ce sont des projets en cours de développement. De nouvelles usines sont en train de se construire en Europe.

* Procédé chimique biocompatible sans solvant qui rend imperméable à l’eau tout matériau à base de fibres de cellulose.

Cécile Parly, Végétable, Octobre 2020d

 

Pas d’emballage, pas de chocolat

Fabrice Peltier - Art et Industrie - la Revue des Marques

Dans une société en questionnement et en mouvement face aux enjeux environnementaux que plus personne ne peut ignorer, les emballages sont plus que jamais pointés du doigt par les consommateurs et les ONG, observe dans cette tribune Fabrice Peltier, expert reconnu du design packaging et pionnier de l’écoconception. En réaction, les pouvoirs publics légifèrent : l’interdiction de mise sur le marché de certains emballages en plastique à usage unique n’est qu’un début. L’ensemble du secteur de l’emballage n’a plus le choix, il est sommé d’apporter rapidement des alternatives pour mieux respecter l’environnement.


Selon un sondage Ifop, réalisé le 13 mai pour le salon ALL4PACK, les consommateurs expriment de fortes attentes sur les emballages : 81% des sondés préféraient des produits qui nécessitaient moins d’emballage avant l’épidémie de Covid-19 et ils sont restés une majorité, 60%, à ne pas avoir modifié leur comportement malgré la crise sanitaire. Une tendance qui semble bien ancrée et qui appelle à des changements radicaux chez les industriels pour la conception d’emballages plus facilement recyclables, voire réutilisables. Dans ce même sondage, 61% des personnes interrogées aimeraient que les industriels consacrent davantage d’efforts dans la conception d’emballages durables.
Cette aspiration ne date pas d'aujourd'hui et a été suffisamment forte pour faire agir nos politiques. Avec la loi Économie circulaire, promulguée en février dernier, l’interdiction des emballages non recyclables est désormais actée pour 2030. Elle vaut pour tous les matériaux et devrait se généraliser pour tous les pays de l’Union européenne dans les prochains mois. Des objectifs ambitieux pour accroître les taux de recyclage des emballages sont fixés ainsi que des objectifs d’intégration de matière recyclée dans leur composition. De plus, la commercialisation de certains produits pourrait être conditionnée à l’incorporation de matière première recyclée. Pour atteindre tous ces objectifs, un plan quinquennal de réduction, réemploi et recyclage (3R) sera défini par décret pour la période 2021-2025, puis sera revu tous les cinq ans…

Le réveil a sonné, il est temps de se réveiller, la révolution de l’emballage est bien en marche !
Force est de constater que les consommateurs veulent toujours plus : des emballages plus faciles à utiliser, plus faciles à ouvrir et à refermer ; en même temps des emballages plus respectueux de l’environnement, 100% recyclables, biodégradables, réutilisables… Tous les résultats d’études convergent dans ces deux domaines vers des scores qui avoisinent les 100 %, si bien qu’il ne s’agit plus d’une tendance pour l’emballage, mais d’un véritable prérequis. L’emballage de demain devra obligatoirement être plus pratique et plus respectueux de l’environnement. Ceux qui pensent qu’une nouvelle tendance pourrait ébranler cette conviction des consommateurs se trompent. Il n’y aura pas de retour en arrière.

L’épidémie de Covid-19 a remis les pendules à l’heure
L’épidémie de Covid-19 a rappelé la raison d’être de l’emballage. Sans contenant, la sécurité alimentaire, la consommation et la distribution de certains produits se révéleraient tout simplement impossibles ! Le Premier ministre le soulignait dès le 19 mars devant les députés. Ce secteur joue un rôle crucial et s’avère indispensable à la distribution des denrées alimentaires, mais également au maintien de l’activité des secteurs stratégiques de la Nation. L’enquête réalisée début avril par Elipso le confirme, la moitié des fournisseurs d’emballages pour l’alimentaire, dont les produits sont destinés à la grande distribution, ont dû faire face à une hausse de leur activité depuis le début de la crise sanitaire.
Alors oui, l’emballage est utile. Après plusieurs années d’attaques répétées et l’arsenal législatif qui se met en place, les enseignements du Covid 19 permettent de redorer le blason de l’emballage. Faut-il encore rappeler que la formule « le meilleur emballage est celui qui n’existe pas » est encore en vogue. Ce à quoi, les professionnels de l’emballage, ne manqueront pas de rétorquer : « Pas d’emballage, pas de chocolat ! »

La tendance plus forte que le Covid-19
Il serait vain de croire que cette crise inversera durablement la tendance profonde des consommateurs pour moins d’emballage et qu’elle émoussera leur désir profond pour qu’il soit plus respectueux de l’environnement. Bien que les circonstances sanitaires inédites nous imposent l’usage unique et l’incinération de beaucoup de ressources souillées, l’épidémie n’enterrera pas les « 3R » ! Réduction, réemploi et recyclage demeurent plus que jamais les objectifs de l’emballage vertueux d’après Covid.
Plutôt que de tenter de revenir sur les avancées règlementaires annoncées en début d’année, le secteur de l’emballage devrait en profiter pour ressortir grandi de cette crise. En profiter pour se réinventer, en affirmant qu’il est plus sûr, plus protecteur, tout en étant écoconçu pour éviter toute forme de gaspillage du contenant comme du contenu. Cela permettra, espérons-le, de changer, de façon durable, le regard qui est porté sur l’emballage et sur un secteur qui mériterait aussi de temps en temps quelques applaudissements.
Certaines entreprises se sont lancées dans cette révolution, chacune avec leurs convictions, leurs solutions. De nombreuses innovations apparaissent un peu partout dans le monde aussi. La Révolution de l’emballage, nouveau Livre blanc qui sera publié cet automne dans le cadre du prochain salon l’emballage All4Pack Paris, permettra de dresser un panorama et un décryptage des nombreuses solutions émergeantes qui feront que l’emballage sera toujours plus performant et plus respectueux de l’environnement.

Par Fabrice Peltier, LSA, le 26 juin 2020 et Emballages Magazine, le 10 juillet 2020d

 

Fabrice Peltier, expert Packaging M.A.D.E.,
confronte l’emballage à 4 évolutions sociétales
 

Vieillissement de la population, raréfaction des ressources de la planète, développement de l’intelligence artificielle et nouvelles mobilités..., la société évolue. L’emballage se doit d’accompagner cette mutation et, pour cela, a besoin de se réinventer. Fabrice Peltier, expert Packaging M.A.D.E., nous dit en quoi l’emballage devra répondre aux quatre évolutions sociétales majeures et à quoi il ressemblera en 2050.


Vieillissement de la population

Dans les pays développés comme les pays émergents, le vieillissement des populations est la conséquence de la transition démographique (baisse de la fécondité et augmentation de l’espérance de vie). Avec l’allongement de la durée de vie se pose la question de l’adaptation des produits et des emballages aux personnes en perte progressive de leurs capacités physiques et intellectuelles (acuité visuelle, capacités motrices et mentales, autonomie). Souvent les personnes âgées ne veulent pas être traitées comme telles et refusent qu’on leur parle en senior. Il convient donc de créer des emballages qui ne puissent être perçus comme spécifiques aux personnes âgées et non stigmatisant.
Des cinq problèmes majeurs que posent les emballages aux personnes âgées, le premier est leur mauvaise lisibilité des informations. Il est donc indispensable de simplifier la conception visuelle et graphique des emballages. Seules les informations essentielles devraient être mises en avant (date de péremption, composition du produit, mises en garde...), des caractères gras et bien espacés de police corps 12 au moins, sur des fonds de couleurs clairs. Une attention particulière doit être portée à la clarté du mode d’emploi, des conseils d’utilisation et du dosage.
La majorité des emballages s’ouvrent à la main, ce qui pose problème aux personnes atteintes de polyarthrite et d’arthrose, qui peuvent se blesser et prennent des risques quant à la conservation du contenu. Pour faciliter et sécuriser l’ouverture/fermeture des emballages, le « bon sens ergonomique » prévaut : munir les bouchons et capsules vissés d’ailettes à rotation limitée, agrandir sensiblement la languette des opercules et la matérialiser par une couleur ou une flèche indiquant le sens de tirage, limiter l’épaisseur des tubes et flacons à presser et la résistance du matériau pour faciliter l’écrasement des parois sans avoir à trop écarter les doigts et trop forcer pour les refermer...
Pour une personne âgée, faire ses courses devient un arbitrage en fonction du poids du panier à rapporter à la maison. En outre, le poids trop important des produits liquides, par exemple, ne leur permet pas de vider les emballages avec précision. Pour faciliter la manipulation et le versage, il faudrait proposer aux personnes âgées des produits beaucoup plus légers que les standards classiques dans des emballages à l’ergonomie adaptée et/ou des produits pré-dosés en portion à usage unique : petits contenants, emballages unitaires faciles à stocker, grips de préhension, système de dosage simple et précis, poignées équilibrées...
Enfin, la complexité des messages, le surplus d’informations (parfois non pertinentes) mettent trop souvent les seniors en difficulté. La solution : de la clarté, de la simplicité, quel que soit l’âge du consommateur !


Amenuisement des ressources de la planète

Les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par cette question et attendent de vraies réponses de la part des industriels. De plus en plus de voix s’élèvent pour demander l’interdiction de certains types d’emballages, comme les emballages en plastique d’origine fossile, suspectés en grande partie de ne pas être recyclables.
D’un côté, il faudrait avoir le courage d’interdire 5 types d’emballages : l’emballage inutile (sans aucune valeur ajoutée), le suremballage, l’emballage composite (accepté uniquement si aucun équivalent n’existe), l’emballage non recyclable et l’emballage en plastique fossile.
De l’autre, il existe 5 solutions pouvant rendre l’emballage plus responsable : limiter le nombre d’emballages, favoriser les matériaux recyclables, développer les matériaux biosourcés, relancer les emballages réutilisables, et créer des produits qui n’ont plus besoin d’être pré-emballés.
La grande majorité des emballages d’aujourd’hui a été conçue pour la vente dans les circuits de distribution traditionnelle du libre-service, sur des points de vente physiques. Dans cette ère de e-commerce, ils ne sont pas plus adaptés aux enjeux environnementaux qu’aux modes de distribution des produits qui se dessinent.
Demain les produits seront principalement choisis sur des écrans ; l’emballage ne sera donc plus l’outil de vente destiné à être présenté dans des rayons surchargés. Sa forme, son aspect n’auront sans doute plus rien à voir avec ce que nous connaissons, pour devenir purement fonctionnel.
Plusieurs solutions peuvent être envisagées pour que les emballages deviennent des ressources et non plus des déchets : obligation, taxation, répression, pénalisation, du côté des industriels, simplification du tri, amélioration des infrastructures, système d’incitation et/ou de récompense, du côté des consommateurs. 


Développement de l’intelligence artificielle

Déjà présente dans de nombreuses applications de la vie courante, l’intelligence artificielle (IA) devrait rapidement se déployer sur et autour des emballages des produits de consommation, pour apporter plus de sécurité, d’informations, de garanties, de services.... aux consommateurs.
Nous n’en sommes qu’aux balbutiements, mais il ne faudrait pas confondre l’IA et le packaging connecté (puce RFID, QR code, applications pour numériques) qui fait appel aux outils numériques.
Dans un premier temps, l’emballage va devenir connecté, puis autonome, en embarquant de l’IA, améliorant ainsi un grand nombre de ses fonctions, dont certaines n’existent pas encore. Il deviendra utile aux consommateurs, apportant une vraie valeur ajoutée, à l’inverse de ce que l’on voit aujourd’hui, où les informations communiquées par les emballages dits « intelligents » et connectés qui n’ont qu’une fin marketing. En fonction du profil de la personne en face de lui, l’emballage pourra proposer les informations adéquates sur différents aspects du produit qu’il contient : producteur, traçabilité, spécificités, utilisation, état sanitaire... Soit une multitude de données impossibles à faire figurer sur la surface d’expressions limitée qu’offre l’emballage et qui peuvent évoluer dans le temps de transport, de vente et de conservation. Il va devenir une aide aux personnes pour mieux consommer : les guider dans les achats, les informer, les alerter, les conseiller en fonction de leur âge, de leur état de santé, de fatigue, de carence...
Parmi les nouvelles fonctionnalités rendues possibles par l’IA, on peut imaginer un emballage qui va non pas faire vendre plus mais vendre mieux (déclencher l’achat dès l’emballage vidé, par ex.) il va aussi mieux communiquer, en facilitant l’accès à l’information, en délivrant le bon message au bon moment, personnalisant les informations en temps réel, améliorant la relation client... Non seulement il va faciliter l’utilisation mais il apportera plus de sécurité lors de l’achat et de la consommation du produit (lutte contre la contrefaçon, garantie absolue de la qualité et de la préservation du contenu, doseur intelligent qui module son flux en fonction de la personne...). Il assistera la population vieillissante grâce à un dialogue rendu possible en dépit des problèmes d’audition ou de vision, à la possibilité de cliquer sur un terme que l’on ne comprend pas ou d’écouter une explication plutôt que la lire...
Les emballages dotés d’IA seront aussi plus responsables. Ils permettront de lutter contre le gaspillage, de préserver l’environnement en aidant à résoudre le casse-tête du tri sélectif des emballages usagés et en facilitant leur recyclage, ou mieux encore devenant autonome dans la gestion de son propre recyclage... Par géolocalisation, il peut faciliter le tri (selon les pratiques et les moyens disponibles de la ville, du pays où il se trouve). En indiquant sa composition, l’emballage pourra orienter l’utilisateur vers le bon flux de recyclage. On peut aussi envisager un emballage qui gère lui-même sa fin de vie en déclenchant un processus d’autodestruction... 


Nouvelles mobilités

D’ici quelques années, nous nous déplacerons en véhicules autonomes. Avec un conducteur devenu passager comme un autre, les habitacles seront de véritables « pièce à vivre », prolongement de notre habitat et/ou de notre lieu de travail.... Et donc, comme à la maison ou au bureau, nous y consommerons des produits emballés. L’emballage devra s’adapter à ces nouveaux modes de mobilité, en proposant des produits nomades aux ouvertures faciles, aux tailles adaptées et ergonomies adéquates.
Toutefois, deux problèmes se posent : la difficulté de conserver le contenu au froid ou de le réchauffer si besoin et leur devenir après leur consommation. Plus on est mobile, plus on a besoin de poubelles de recyclage sur nos itinéraires.
Enfin, les voyages dans l’espace se développeront pour lesquels les emballages avec des contenus déshydratés, ultra compactés, en pilules... devront être plus petits, plus légers, plus protecteurs, plus faciles à consommer en apesanteur, plus émotionnels et générant le moins de déchet possible.

Par AB3C, M.A.D.E. for you, mars 2019  d

 

Quel emballage pour 2050 ?

Mission accomplie. Cet été, Fabrice Peltier a réalisé une importante étude prospective sur le packaging pour le salon international de l’emballage, ALL4PACK. Elle est à l’origine de conférences et d’un livre désormais accessible en ligne : « l’emballage à l’aube de sa révolution ». Retour avec son auteur sur les enjeux actuels et futurs du packaging.
 

Designer, consultant et auteur, Fabrice Peltier n’a pas fait les choses à moitié. Son dernier ouvrage sur « l’emballage à l’aube de sa révolution » se base sur des entretiens réalisés en juillet avec 23 designers issus de 16 pays d’Europe et du Maghreb dont, Delphine Cadoche (Dragon Rouge) et Sylvia Vitale-Rotta (Team Créatif) pour la France. Fabrice Peltier a également interrogé, dans six pays, plus de 8000 consommateurs de manière à mieux cerner leurs attentes en matière d’emballage. Résultat : un ouvrage sur les quatre défis majeurs qui attendent les designers et les marques d’ici à 2050 : le vieillissement de la population, l’environnement, l’intelligence artificielle et la mobilité.

Interview :
Une étude prospective sur l’emballage c’est une première ? 

Fabrice Peltier : À ma connaissance oui. Les études sur le packaging se basent essentiellement sur ce qui a été commercialisé, testé, pris en main. Interroger l’avenir, c’est nouveau. Aborder l’emballage sous l’angle sociétal aussi. Avec cette étude, nous souhaitions définir les grands challenges qui attendent les Européens et plus largement l’humanité, pour les trente prochaines années. Ils sont au nombre de quatre : Le vieillissement de la population, l’épuisement des ressources planétaires, le développement de l’intelligence artificielle dans tous les domaines et la mobilité, des véhicules autonomes aux voyages dans l’espace. ? 

Des surprises ?
F.P. : Le vieillissement progressif de la population notamment en Europe est un phénomène connu. Tout comme le constat des designers interrogés : les emballages actuels ne sont absolument pas adaptés aux personnes âgées. Les entreprises ont en effet les yeux rivés sur les « millennials ». Cette cible ne les intéresse pas. Or on sait que les seniors ont en premier lieu des problèmes de vue et qu'ils peuvent être gênés par le poids du produit, sa prise en main, une ouverture ou une fermeture difficiles. Et également, ce qui m’a le plus surpris, par la nature et le sens des messages. Certains designers ont rappelé combien le vocabulaire et les signes graphiques des emballages sont totalement incompréhensibles des personnes âgées : les discours utilisent un langage « branché » qui plait aux équipes marketing. Voir des messages confus et complexes. Tout cela manque de clarté et de simplicité.

Qu’en est-il de l’intelligence artificielle ? 
F.P. :
Voilà un thème que je ne m’attendais pas à voir émerger aussi fortement. La majorité des designers s’accorde sur le fait que l’intelligence artificielle va modifier considérablement notre mode de consommation et notre relation à l’emballage. Il l’imagine en émetteur d’informations. On observe les prémices de cette tendance avec une application comme Yuca qui détaille sur smartphone les informations nutritionnelles habituellement indiquées au dos des emballages. Mais beaucoup craignent que les emballages connectés ne soient qu’un outil marketing sans intérêt.

Quel véritable service l’intelligence artificielle pourrait-elle rendre ? 
F.P. : Elle pourrait permettre, côté entreprise, de vendre plus en facilitant le rachat du produit une fois l’emballage vidé. Un bon outil de fidélisation. L’IA pourrait également apporter plus de sécurité : lutter contre la contrefaçon, aider à prendre la juste dose d’un produit ou avertir un consommateur que la chaîne du froid est interrompue. Et pourquoi pas résoudre divers problèmes tels que le gaspillage alimentaire en indiquant par exemple que le produit arrive bientôt à expiration. Voir autogérer la fin de vie du packaging en procédant à sa dissolution. Les designers ont multiplié les idées et les propositions. Le sujet les inspire.

La protection de l’environnement est également au cœur de leurs préoccupations…
F.P. : Pour eux c’est très clair. Les emballages ne répondent absolument pas aux enjeux environnementaux planétaires. Ils en appellent à une profonde mutation. Cinq types de packaging devraient selon eux ainsi être interdits : l’emballage inutile, le suremballage, l’emballage composite, l’emballage non recyclable et l’emballage en plastique fossile. Ils débordent de propositions pour rendre les packagings plus responsables. Et ils en appellent à des mesures contraignantes pour changer la donne, du type obligation légale. Le temps des « mesurettes » est pour eux révolu. 

Qu’en est-il de la mobilité ?
F.P. : Là encore l’emballage, destiné pour l’essentiel à une consommation domestique, va devoir s’adapter. Les nouveaux modes de livraison, la voiture autonome appelée à devenir une pièce à vivre appellent forcément des changements. Et, une chose est certaine : on ne pourra pas partir en vacances dans l’espace sans une cargaison de produits emballés pour survivre, ne serait-ce que pour le temps du voyage. Sur ce sujet, les designers évoquent des pistes d’évolution, à partir de l’existant, mais pas de réelles innovations de rupture.

Les emballages ne vont donc pas disparaître ? 
F.P. : Non, les consommateurs sont les premiers à vouloir des emballages plus pratiques, plus protecteurs, plus sûrs, mais plus personne ne peut faire l’impasse sur son impact environnemental et sur sa fin de vie. L’emballage est en effet accepté quand il est utile mais rejeté après utilisation quand il devient un déchet. Le rôle des designers est justement de résoudre ce paradoxe en élaborant les meilleures solutions.

Delphine Masson, DesignFax N°1083, 8 octobre 2018
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