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Ils me voient comme ça...

 

Portraits
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Le bureau de travail de Fabrice Peltier

 
La (P)Référence du design packaging nous a accueilli dans son musée de la récup’.

Design Fabrice Peltier


Si vous passez devant le 24, rue de Richelieu à Paris, ralentissez. La devanture annonce la couleur : Designpack Gallery. Un musée vivant du design packaging. Avec un peu de chance, si vous croisez le maître de lieux, il vous fera monter à l’étage où il a installé son agence P’Référence, crée en 1985, (rachetée par Diadeis). À l’entrée du bureau, vous avez un petit gars posé sur une découpe de bidon d’huile. Pour des raisons que seul lui connaît, Fabrice Peltier l’appelle son R2D2. C’est une vigie de contre-plongée, posée au sol : « Il accueil et observe les visiteurs ». Comme tous ses voisin de chambrée, il est 100% récupération : boîtes métal, capsules de soda, bobines de magnéto. On entre dans un temple de la matière, et on ne parlera ni de 360°, de stratégie digitale, de corporate affairs ou de gestion des flux RSS. Ici la matière est reine. C’est une ordure, et Fabrice Peltier s’amuse à l’ériger en œuvre d’art. Il n’a pas loin d’une trentaine d’années de métier dans le design packaging et cultive son jardin d’amateur d’art. « Je crée des ordure depuis 28 ans », se plait-il à railler. « Mon métier consiste à créer des volumes, des graphismes, des assemblages de matières qui sont tous destinés à finir à la poubelle ». En entrant dans son bureau, mur de droite, une lampe signée Angèle Riguidel. À l’origine, une boîte de sucre années 60. À main droite du maître des lieux, une compression de César, à base de bombes aérosol. Ce type est un passionné qui fait des raccourcis saisissants. « C’est l’invention du tube en métal qui a permis la révélation de l’impressionnisme ». Parce que mettre la peinture dans un tube opaque, c’est ce qui permet au peintre de sortir de son atelier pour peindre directement devant son sujet et « cela change complétement le rapport au modèle, à la lumière et au temps d’exposition ». Forcement, un tube de peinture vu sous cet angle, ça ouvre des perspectives. Du coup, Fabrice Peltier passe son temps à créer de passerelles entre industriels, plasticiens, designers, peintres, galeristes. Les formes de l’éphémère, il en fait des symboles de réinvention de la matière et des signes. Au premier plan, un tube de dentifrice qui aura échappé à la poubelle grâce à sa réincarnation en « Cool San », fruit de l’inventivité des Mamoulex. Un personnage qui, par ailleurs, possède sa propre carte d’identité comme citoyen de la république des Océans et des Mers. On croisera aussi une bouteille de Coca revues par Arnaud Cohen. Un certain 11 septembre est passé par là et les twin-planes se cassent le nez sur un emblème de la consommation et de la culture US. « J’achète toujours une œuvre d’art des artiste que j’expose dans la galerie », indique Fabrice Peltier et « je me régale d’avoir autour de moi Warhol et César ». D’autant que, quand la matière lui pèse, il se soigne en allant marcher dans un désert qu’il n’a pas encore fréquenté. Certains font du trekking, lui chemine dans le désert.

Philippe Lefèvre, CB News, Janvier 2012 

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Fabrice Peltier conseil en design packaging

Fabrice Peltier, le militant de l'éco-emballage

Designer en packaging, journaliste, auteur, expert auprès de l'ONUDI et galeriste, Fabrice Peltier prône un emballage éco-responsable. 
En vingt-cinq ans de carrière, le fondateur de l’agence de design packaging P'Référence aura créé plus de 10 000 produits. « Imaginez la montagne de déchets à laquelle j’ai participé ! », lance Fabrice Peltier, sans concession. Le designer graphique n’est pas du genre à fuir ses responsabilités. Depuis la fin des années 90, il s’investit dans le développement de l’éco-emballage, écrit des articles et des ouvrages sur la question, et donne régulièrement des conférences. Choisi comme expert par l'ONUDI (Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel), il est chargé de prodiguer ses conseils aux populations des pays en voie de développement.

« La fonction de l’emballage, avant d’être marketing, est de protéger le contenu et de ne pas gaspiller les denrées alimentaires. Il ne faut pas oublier que l’emballage a permis d’éradiquer le scorbut ! Il permet aussi de développer la libre circulation des marchandises », défend cet adepte du développement durable. Il poursuit, entre colère et défi : « Critiquer les emballages est un luxe de pays riche. Une bouteille d’eau en plastique n’a peut-être pas de sens à Paris, mais elle en a un en Afrique ! Certes, il y a un problème de suremballage dans certains pays développés. Mais les emballages peuvent aujourd’hui être recyclables à 100 %. Just do it ! En revanche, à l’échelle mondiale, il manque d’emballages. Tout est une question d’éducation et de moyens. » 

Celui qui, enfant, passait ses week-ends à ramasser les ordures jetées au bord des routes de Lozère, continue sur sa lancée. Sa dernière initiative en date : l’ouverture de la Designpack Gallery, en 2008. « Le secteur de l’emballage a beau être la septième industrie mondiale, il n’existait pas de lieu d’information dédié à ce sujet », explique-t-il. Cet espace grand public qui abrite une librairie, une boutique, une galerie et une salle de conférence, se trouve au cœur de Paris, à deux pas des Musées du Louvre et des Arts Décoratifs. « Dans les départements des antiquités étrusques et gréco-romaines, on se pâme devant une multitude de contenants. Dans mille ans, on fera la même chose avec nos packagings », ironise-t-il. Tous les deux mois, le galeriste met en place une nouvelle exposition en suivant un fil rouge (ou vert ?) : le packaging dans le respect de l’environnement. Après avoir convié divers artistes et artisans, Fabrice Peltier met en scène ses propres créations. Récemment, il a réalisé à partir d’emballages Tetra Pak des oeuvres en hommage à des artistes contemporains (Mondrian, César, Arman…). Jusqu’au 27 novembre, il transforme des palettes en meubles et objets, et en décembre, il proposera des sapins, des décorations et des cadeaux de Noël entièrement réalisés avec des emballages recyclés. Il espère ainsi remplir son objectif : afficher un bilan carbone neutre à la fin de sa vie.

Violaine Brissart, Reyclage Recupération N°42, le 6 décembre 2010

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Fabrice Peltier conseil en design packagingPlus belle la boîte

L’emballage : une méprisable ordure ? Fabrice Peltier, designer en packaging, réhabilite la boîte et accuse les populations occidentales d’irresponsabilité. Rencontre avec un esprit libre, militant chevronné pour le développement durable.

Tous les matins, il ramasse les déchets d’emballages qui ponctuent sa route. Fabrice Peltier en fera des œuvres d’art et les remettra en circulation. Ces boîtes en métal, canettes rouillées et rabougries d’Orangina, de Pulco, il les a lui-même dessinées.
En 1985, celui qui s'est baptisé le "designer de l’ordure" fondait l’agence P’Référence, l'une des premières spécialisées dans le design packaging. « Je sortais d’Estienne, une école de design et graphisme. Un packaging est la première chose qu’on m’a demandé de faire. Je ne savais pas ce que ce terme voulait dire. Puis je n’ai plus arrêté d’en faire. » Tombé par hasard dans l’emballage, il crée tout de suite sa propre boîte, parce qu'il ne se voyait pas « travailler pour quelqu’un d’autre ». Il n’a alors pas 22 ans.
Il ne s’y voyait pas mais se pique rapidement de packaging. « L’emballage est passionnant parce qu’il est culturel. Entre l’art et lui, il y a énormément d’échanges créatifs depuis le 19ème siècle. C’est aussi un moyen de comprendre la société. Il suffit de regarder un emballage pour constater que les familles se déchirent, qu’elles mangent moins à la maison mais davantage à l’extérieur… »
Membre d’associations écolo avant l’heure, le garçonnet ramasse chaque week-end les déchets d’emballage qui peuplent son village, en Lozère. En 1970, 9 ans au compteur, le jeune Peltier remporte un concours de dessin organisé par l’Unesco, dans le cadre d’une résolution érigeant l’éducation comme valeur principale pour préserver l’environnement. Le packaging, un hasard ? L’inconscient a de beaux jours devant lui...
Très vite, l’entreprise cartonne et P’Référence devient une incontournable dans le domaine. A l’époque, se sent-il fautif d’être le père de déchets d’emballages, ennemis jetables de la planète ? Contrarié, Fabrice Peltier hausse le ton. « Je n’ai pas à me sentir plus coupable que les autres. Tous les jours, je prends n’importe qui la main dans le sac. » C’est pourtant bien lui l’auteur des ignobles boîtes qui, par leur unique présence, abîment tous les paysages ! « Il faut relativiser avec l’emballage. Ces déchets sont recyclables à l’infini. Si vous les mettez dans le bon circuit, ce ne sont plus des déchets dangereux. Une fois dans son bac de tri, la boîte n’est pas un problème. » Reste au (sur)consommateur de savoir prendre ses responsabilités !
Il poursuit, entre véhémence et pédagogie : « Il faut avoir le cul dans du coton à Paris, où l’eau coule à flots, pour critiquer l’emballage ! Pourquoi Napoléon a-t-il fait inventer la conserve ? Pour que ces grognards n’aient pas le scorbut. Il ne faut pas oublier une chose : si aujourd’hui, il y a moins d’intoxications alimentaires, moins de pertes alimentaires, si aujourd’hui je suis expert auprès de l’ONU, c’est parce que l’emballage sauve bien plus de vie qu’il n’en tue. »
On l’aura compris, le designer ne veut pas supporter à la place des autres les dégâts de leur paresse. Ceux qu'il montre du doigt : les populations occidentales. « L’emballage est un problème de pays riches », assène-t-il.
La seule valeur en laquelle croit le designer en matière de protection de la planète, c'est l’éducation. Pour preuve, sa fonction d’expert auprès de l’ONUDI, l'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel. Il court le monde, à la rencontre des populations des pays en voie de développement où il prodigue de précieux conseils. « Là-bas, ils manquent d’emballage. Nous en avons trop, eux, pas assez. C'est la raison pour laquelle le choléra sévit en Haïti. »
Le spécialiste ne fait pas la leçon et aborde ces populations sans jamais agiter devant eux le spectre de nos propres erreurs. « Ils ont largement le droit de commercer, le droit à la vie, à la consommation. Si on ne leur donne pas d’emballage, comment pourront-ils échanger entre eux et exporter. Il n’y a pas que nous qui avons le droit de leur envoyer nos merdes. » Dans ces pays « à mouches », comme il les appelle, il refuse de boire l’eau courante et déplore l’absence des bouteilles bénies.
L’ONUDI s’est intéressée à Fabrice Peltier car, depuis des années, il s’illustre en tant que militant inconditionnel pour le développement durable. En début d’entretien, il s’emportait lorsqu’était évoquée la question de sa responsabilité quant à la prolifération de l’emballage. Parce qu’en fait, loin d’être coupable, il est au contraire le messager de la première heure d’un comportement responsable ! « Jusqu’au début des années 90, je ne me rendais pas compte que l’emballage était un déchet. En 1994, l’Union Européenne adopte une directive concernant le tri des déchets et j’ai eu un déclic. À la fin des années 90, j’écris mes premiers articles vis-à-vis des designers. Mon discours : "responsables, bientôt coupables"». Fabrice Peltier estime alors que les créateurs d’emballages devaient également prendre leurs responsabilités. « J’organisais des conférences. On était dix dans la salle à s'auto congratuler. Mais les autres me prenaient pour un fou. Ils me tapaient dans le dos en disant "c’est bien" mais ils s’en foutaient complètement. »
Il s’est agité durant de longues années avant que son discours ne soit entendu et compris. Il s’est battu à coup de conférences, d’articles et même de livres. Si l’obstiné a obtenu gain de cause, il ne se repose pas sur ses lauriers. En 2008, Fabrice Peltier ose un nouveau pari. Une fois de plus, il passe pour un illuminé. Le bagarreur ouvre les portes de la Designpack Gallery, un endroit où est faite la promotion de l’art du design packaging. La boutique du "musée" vend pochettes tressées en sacs plastiques, patères en bouteilles plastiques et autres sacs en anneaux d’ouvertures de canettes métalliques. Place au grand détournement !
« Avec ce lieu, je prouve qu’il y a plusieurs alternatives. Quand on s’est jeté, bille en tête, dans le recyclage, en 1993, je pensais déjà que c’était un alibi pour tout jeter. Le recyclage n’est pas la seule façon de transformer les choses. Il s’agit seulement d’une des solutions. » Lavoisier en sait quelque chose, l’émissaire cite alors le grand homme : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Il suffit seulement de prendre la peine de réfléchir à la meilleure manière de transformer les choses, au cas par cas.

Galeriste, auteur, chef d’entreprise, expert auprès de l’ONU... 
Est-il capable de se mettre au vert ? « Je me suis fixé un objectif. Quand je ferai le bilan des 10 000 produits que j’ai créés et qui ont été des déchets, et le bilan de toutes les expositions, les bouquins, les industriels qui, grâce à moi, ont réduit de 40% leur émission de CO2, si je pouvais finir avec un bilan carbone neutre, je serais vraiment content. »
Veut-il se racheter une conduite ? A-t-il peur du jugement dernier ? « Je trouve ça bien et juste. Tout simplement. » On le découvre grand optimiste mais pas utopiste. Il montre son fond d’écran d’ordinateur. Le désert à perte de vue, Fabrice Peltier juché sur un quad. « On peut vivre avec son époque et donner à la planète. Une question d’équilibre. On peut continuer à faire la fête mais de manière responsable ! »
L’homme est serein, apaisé : « J’ai vu les choses changer, je sais qu’on va dans le bon sens et qu’il n’est pas trop tard. La Terre a une capacité de survie et de régénérescence incroyable. Seulement, il ne faut pas baisser les bras ! » La planète peut compter dessus, Fabrice Peltier n’a pas encore tout déballé de l’emballage.

Dorothée Duchemin , Citazine, octobre 2010

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Emballé c'est signé

Expositions, livres, conseils aux entreprises et bien sûr, créations, Fabrice Peltier prend tous les chemins pour faire évoluer les mentalités et transformer les déchets d'emballages en œuvres d'art.

Le recyclage, Fabrice Peltier connaît ! En 1985, le designer crée P'Référence, société spécialisée dans la création du design packaging. Il devient ainsi l'un des pionniers dans le domaine : en vingt-deux ans, l'agence aura créé plus de dix mille packagings ! Adepte de l'éco-design dès la première heure, Fabrice s'est attaché à expliquer son métier au travers de plusieurs ouvrages : L'Eau, source d'innovationsLa Boîte, solution d'avenir, Écodesign, chemins vertueux, Art, échanges créatifs ainsi que Série limitée, objets de collection aux éditions Pyramyd. Récemment nommé expert pour le design packaging auprès de l'Organisation des Nations Unies  pour le Développement Industriel (ONUDI), il aide aussi les sociétés des pays émergeants à améliorer leurs emballages afin de développe leurs exportations. Et en qualité d'éco-designer, il s'implique aussi après des entreprises dans une démarche de recyclage... artistique. Ainsi, avec le soutien de Coca-Cola Entreprise et la Ville de Paris, Fabrice Peltier a mis en place pour Noël des illuminations de rues. Il a utilisé pour cela des lustres composés de 45 bouteilles plastiques chacun, et fait  pousser des arbres de quatre mètres de haut fabriqués  avec 1 200 bouteilles par pied. L'objectif était bien sûr de sensibiliser l'opinion au recyclage dans une période de consommation particulièrement marquée. Fabrice Peltier a ouvert en 2008, à Paris, la Design Pack Gallery : un espace unique au monde spécialisé dans l'art du design packaging. Il y organise, du 29 mars au 05 juin 2010, l'exposition « 'R' de Recyclage - La seconde vie des emballages », et révèle ainsi au grand public comment ces emballages peuvent servir de matière première à de nombreux artistes. Quand de simples bouteilles deviennent des lustres, des cagettes se transforment en bibliothèques...

Élise MORIN, Neo Planete, Février 2010

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Fabrice Peltier conseil en design packaging

Fabrice Peltier, éco-packager

« Non l’emballage n’est pas un simple déchet ! » Pour lui ; l’objet noble, c’est le packaging. Ce qu’il contient, peu importe !

Qu’est-ce qui se voit, s’affiche, prend de la place, emplit les poubelles si tôt acheté tout neuf, déchaîne la haine… et sauve des vies ? L’emballage ! Sans emballage, pas de transport, pas de denrées saines, pas de civilisation. Pourtant, le « packaging » reste l’image symbole de la pollution majeure, l’emblème de la planète souillée. Paradoxe. C’est Fabrice Peltier qui le dénonce. Cet écolo industriel, cet artiste chef d’entreprise, ce visionnaire designer s’emballe dès qu’on lui parle de nuisance : « 60% des emballages sont recyclés ! Le packaging n’est responsable que de 2% des émissions de CO2 ! Il est visible certes, mais il ne pollue pas… » L’homme est tout entier passion, le genre obsédé qui doit user son entourage, lui qui ne vit que dans l’enveloppe, le récipient, le contenant. Pourtant, au détour du siècle, c’est le manque d’emballage de son propre corps – il fut un motard sans aibags – qui le jette pour longtemps dans un fauteuil roulant. Polyfracturé, le créateur, à 23 ans, de l’agence de design P’Référence (en 1985) se remet en question : si j’étais mort, qu’aurais-je laissé ? Une entreprise prospère de plus de soixante salariés… vouée à disparaître avec son créatif en chef. Le designer, dès lors, veut bâtir. Il crée l’Institut National du Design Packaging (INDP) en 2003, lance une collection de petits livres tous voués à l’emballage, Idpack, puis, en 2008, loue en plein paris des locaux qu’il aménage en temps record : c’est la Designpack Gallery, tout à la fois musée, lieux d’échange, et bureau de son agence. On y touche avec les yeux des boîtes, des bouteilles, des récipients, des écrins de légende, on achète d’anciens emballages recyclés en sacs, déco ou lustres – ah les bouteilles froissées de Peltier transformées en luminaires ! cet expert de l’emballage auprès de l’Onu multiplie les conférences et plaide inlassablement auprès de ses clients la cause de l’« écoemballage ». Ce baroudeur de l’extrême – son accident de la pas vraiment calmé – affronte la crise avec la sérénité du survivant : l’emballage de ses clients doit devenir stratégique.

Olivier Magnan, Green Business, Décembre 2009

Fabrice Peltier conseil en éco design

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Fabrice Peltier conseil en éco designFabrice Peltier, l'emballage repensé

La Designpack Gallery est un espace pour la promotion de l'Art du Design Packaging. Il y est présenté des expositions sur tout ce qui gravite autour de l'univers de la création des emballages. Librairie, ventes de produits, d'objets d'arts et de cadeaux ayant pour thème le packaging. Oui, mais pas seulement !

Au premier étage de cet espace, Fabrice Peltier repense sans cesse l'emballage et sa fin de vie afin de limiter son impact environnemental. Sujet qu'il connaît sur le bout des doigts et qu'il défend à l'ONU où il est expert pour le développement du packaging. Sujet qui le taraudait déjà à l'âge de 9 ans alors qu'il remporte un concours de dessin lancé par l'Unesco en 1970 qui prônait la nécessité de l'éducation pour protéger l'environnement. « Dans chaque virage en Lozère où j'habitais, c'était un dépôt d'ordures, donc à 9 ans je faisais partie d'associations de protection de la nature et je vidais le week-end les dépôts d'ordures. »

Quand on lui demande s'il n'est pas opportuniste de surfer sur la vague du développement durable, il répond sereinement que cela fait plus de dix ans qu'il à commencé à plancher sur le sujet, à l'heure où peu se préoccupaient des déchets. « J'ai échoué dans l'emballage sans vraiment me rendre compte de son impact environnemental. Le geste ultime de la consommation c'était de bien ouvrir un emballage et de bien le fermer, mais aujourd'hui c'est aussi de bien le jeter. »

Recycler est un problème d'éducation. Fabrice Peltier à l'issue de notre entretien s'envole pour Québec faire une conférence dans ce but et secouer les mentalités : « j'ai toujours soulevé une problématique qui est très polémique et non politiquement correcte : le recyclage qui consiste à transformer les emballages en matière première, est-ce la seule, la bonne solution ? ».

Il nous donne un exemple : « recycler a un impact écologique. Aujourd'hui il n'est pas si évident qu'utiliser du papier recyclé soit la bonne solution. L'industrie papetière sert à entretenir les forêts. Ils ne font pas de la coupe franche. Une forêt pour être entretenue doit être coupée. Donc, il est beaucoup plus écologique d'utiliser du papier issu de forêts écogérées que d'utiliser du papier recyclé qui demande de l'énergie et qui pollue énormément. »

La maxime de Lavoisier, Fabrice Peltier la fait sienne : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». En d'autres termes, faut-il retransformer en matières premières ou en un autre objet ? Et pourquoi ne pas se passer de l'emballage ?

« Il serait impossible de s'en passer. Il faut continuer à faire de l'emballage. Oui, ici il y a de l'eau potable, mais 80% des pays du monde n'en ont pas, il leur faut donc des bouteilles. Plus l'emballage est développé, moins il y a de pertes alimentaires et inversement. Mais il faut se demander : est-ce qu'il n'y a pas une autre forme de recyclage ? C'est ce sur quoi j'essaie de me mobiliser. » Donc Fabrice Peltier découpe l'emballage, son caractère innovant, sociétal, culturel, environnemental, pour arriver à le faire comprendre, avec pour thème fédérateur, le développement durable.

« Je place le respect de l'environnement et la meilleure gestion des déchets d'emballages dans les contraintes marketing qui me sont données pour anticiper et innover. »

« Au cœur de l'écodesign il y a l'écoconception en amont : rendre les emballages plus écologiques sans altérer leur fonctionnalité, aider les consommateurs à mieux jeter et faciliter la réutilisation de l'emballage en tout ou partie. S'engager sur les chemins vertueux, c'est réduire, éduquer, recycler. »

Les pistes novatrices qui doivent nous amener sur ces chemins, sont la réutilisation de l'emballage. Ils vont nous servir à faire d'autres objets : des lustres, des sacs, des vases, des bijoux et de l'art, autant d'idées que Fabrice Peltier source aux quatre coins du monde, quand il ne les invente pas lui-même pour rendre la fin de vie de l'emballage plus intelligente et plus belle.

« J'aime dire que je fais du design de l'ordure. »

Fanny LASSERRE et Thierry VASSEUR, Sub Yu N°9, Novembre 2009

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Prêcher la bonne parole

Patron et fondateur de l'agence P'Référence, Fabrice Peltier (48 ans), a créé en l'espace de vingt-cinq ans plus de 10 000 emballages. Récemment il a lancé à Paris - au 24 rue de Richelieu, entre les Musées du Louvre, des Arts Décoratifs et la Bibliothèque Nationale-, la Designpack Gallery, en plein cœur de Paris. Il est également un ardent défenseur du packaging vert. Auteur prolifique, il a écrit notamment sur l'emballage et l'environnement. ... Il est aussi depuis peu expert Design Packaging pour l'ONUDI, Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel. La Designpack Gallery, un espace exclusivement dédié à l'art du design packaging se niche dans la rue Richelieu, au cœur d'un quartier magique de Paris. Un espace où l'on peut admirer des expositions sur tout sur tout ce qui gravite autour de l'univers de la création des emballages, assister à des conférences et des événements, pour le grand public et les professionnels. Son espace équipé de matériel audiovisuel permet d'accueillir jusqu'à 50 personnes assises. Sont aussi installés sur le lieu une librairie spécialisée sur le design packaging et un espace de ventes de vente de produits conditionnés dans des emballages d'exception, d'objets d'art et de cadeaux ayant pour thème, le packaging.
« J'ai toujours rêvé d'avoir ma propre galerie d'art, c'est fait. Je voulais aussi regrouper toutes mes activités, mon agence, faire mes conférences chez moi , et exposer. Je me suis rendu compte qu'il y avait vraiment un besoin de connaître le design packaging. Je me suis rendu compte que les marques ne connaissaient même pas leur propre histoire. Simplement parce que cette mémoire se perd au fil des différents rachats par des groupes financiers. Je crois que la création passe avant tout par un respect du passé, une compréhension de ce qui s'est fait avant. Comment créer sans savoir d'où l'on vient. Pour inventer, il faut comprendre ».

Défenseur de l'emballage vert

Hyperactif, Fabrice Peltier, s'est vu confier récemment une nouvelle mission. Et quelle mission ! L'organisation des Nations Unis pour le Développement Industriel (ONUDI) a en effet fait appel à lui comme expert pour le Design Packaging. Sa première mission a eu lieu au Liban tout récemment. Il offre une assistance technique auprès des industriels et des designers Libanais pour les aider à se mettre à niveau sur tous les aspects du design des emballages afin de développer leurs exportations. Par ailleurs, il donne des conférences dans les Universités d'Art et assure un programme de formation sur les bonnes pratiques en matière d'innovation et de Développement Durable appliqué au secteur de l'emballage.
« Cela montre qu'à haut niveau, il y a une prise de conscience de ce que notre métier peut apporter. Et il s'agit de ma mission la plus facile et la plus agréable. Je fais des conférences pour des gens qui ont un réel besoin et qui ont un respect de la personne qui vient répondre à leurs besoins . C'est un vrai bonheur que d'aller au Liban, dans les écoles d'art et de marketing, de parler devant des salles combles avec des gens qui écoutent, qui ont envie ».

Ma mission est simple. Lorsqu'un pays en voie de développement veut à la fois développer le commerce dans le pays et exporter ses produits, ils n'a pas d'autre choix que de faire du packaging. L'emballage est un facteur de développement économique. Il y a aussi toute la partie technique, l'aspect législatif, les normes à respecter. En Europe on légifère dans tous les sens : sur l'éco-confection, l'écologie, les ingrédients. C'est perçu par nos voisins qui veulent exporter comme du protectionnisme, un parcours d'obstacles. Ce qu'on attend de moi, c'est d'aider à franchir ces obstacles. L'ONU m'a contacté pour aller expliquer tout cela un peu partout. Je crois être le premier à assurer ce type de mission.

J'ai deux grosses missions : aider à faire du design et éduquer en matière d'écologie, de développement durable. Cela revient à changer l'idée de l'emballage, à faire en sorte que cela ne soit plus considéré comme un déchet.

Jean-Michel Stichelbaut, PUB, octobre 2009

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Fabrice Peltier livre l'Impact du Pack

Fabrice Peltier, Dynamiseur

Extrait du livre "L'Impact du Pack - P'Référence"

Portrait par Pascale Nivelle, journaliste à Libération


Est-ce d'avoir grandi avec un frère jumeau ? "Je ne fais rien à moitié", annonce Fabrice Peltier. Une montagne, il a envie de l'escalader. Un projet, il va jusqu'au bout. Sachant qu'après, il y a un autre sommet, un autre projet, toujours plus inaccessible. "Créatif ou grimpeur, c'est la même chose, dit-il. On part toujours d'en bas." Bas, haut, comme sur les cartons de déménageur. Le président de P'Référence, agence de design packaging, aime les slogans qui claquent.

Design packaging ? Dites plutôt "Dynamiseur de Marques", l'enseigne de la maison Peltier depuis 1985 à Paris. Dynamiser, c'est donc conditionner sur mesure. L'eau, par exemple, qu'il aime tant capturer entre ses paumes en montagne. Elle existe en biberons, en litres prêts à porter pour madame, en gourdes pour sportifs, en jerricans format familial...Qu'importe le flacon direz-vous, cette eau coule de source. C'est sa fonction qui a changé : "Les gens n'achètent plus un produit, mais une utilisation, s'emballe Fabrice Peltier, c'est le début de l'âge d'or !" Au siècle dernier, en 1999, il a inventé l'air en bol ou la vente du vent. Un jour d'étiage à Airparif, il a fait capsuler des milliers de canettes de luxe, pleines de l'atmosphère du dix-septième arrondissement, avec emballage doré et cachet de cire d'huissier : "Imaginez l'enfant des années 2000. À cinquante ans, il pourra respirer un bol d'air du vingtième siècle." On sourit, Fabrice Peltier est un rêveur. Il a fêté ses quarante-trois ans dans les dunes du Sahara, seul devant son 4x4, comme Saint-Exupéry et son Simoun. Pour savourer l'instant, il débouche un premier grand cru classé Saint-Émilion 1961. Bouteille de verre, 75 cl, bouchon de liège et étiquette or fin. Du classique. Il dit : "Moi, je suis un consommateur très basique. J'achète peu. Et toujours les mêmes marques."

Les grands espaces, la nature sauvage, la randonnée, il en rêve neuf mois sur douze et s'y évade le reste du temps. À vélo, en quad, à moto, il oublie Paris et les linéaires. En 1998, un accident de rallye le cloue sur une chaise roulante, avec la terreur de ne jamais remarcher et des mois de rééducation menée comme un sportif : "Mon truc, c'est l'endurance. Et la liberté." Fabrice Peltier par sa seule volonté se donne la force de braver le destin. Son bureau ouvert à tout vent, est une caisse de résonance où chacun peut s'exprimer. Fabrice aime parler d'alignement des planètes, un succès se construit point par point en regardant vers le ciel. Tout doit suivre la même trajectoire. "C'est pour cela que nous travaillons en équipe que ce soit à l'agence ou avec nos clients." Fabrice, dont l'agence compte une vingtaine de salariés et court parmi le peloton de tête français du design packaging, n'a pas l'allure du classique business man. Il porte un jean, un t-shirt et des baskets, le tout sans logo. Il passe sa vie dans les supermarchés, Caddie vide mais tête pleine : "Je connais tous les produits c'est mon boulot . Je me mets à la place de tous les consommateurs, vieux, enfants, animaux... Quand je sens que quelque chose manque ou fonctionne mal, je l'imagine."  Il a relooké des classiques, le pain Harry's façon US, le thé de Sir Thomas Lipton ou la gamme de sirops Teisseire. Il veut maintenant inventer des objets. Son Bol d'air, L'Eau du Café, L'Eau du Thé, ou le Sécuriteuf , un kit du "teufeur" avec préservatifs et éthylotest...

La compétition, Fabrice Peltier connaît. Dès le départ, ils étaient deux. Frédéric, son jumeau et lui. Classés nationaux en ski, fous de vélo, les frères Peltier se battaient pour la première place sur les podiums et la dernière à l'école. Leur père, ingénieur des eaux et forêts, et leur mère institutrice en maternelle, se lamentaient d'avoir deux cancres sur quatre enfants. "On ne fichait rien, on a eu le BEPC à l'oral de rattrapage", raconte Fabrice. Ils ont vécu en pleine nature, du côté de Mende en Lozère, puis à Clermont-Ferrand et ensuite à Grenoble. Ils glissaient et se saoulaient de grand air, rêvant de devenir guide de haute montagne ou moniteur de ski. "Mais nous étions tellement mauvais à l'école que l'on nous a refusés en sport études !" Ce sera donc le lycée technique pour Fabrice (Frédéric, bien plus tard est devenu avocat d'affaires). Il choisit les métiers de l'imprimerie, un peu au hasard. Plomb, photogravure, bas-de-casse, vélin... Le monde du papier lui plaît, au point de renoncer au ski de haut niveau. À dix-sept ans, il part faire le tour de Corse, en solitaire et à mobylette, en revient avec une plaquette illustrée et joliment designée. J'ai vu en Corse, son premier objet. À la rentrée, on lui conseille de poursuivre ses études à l'école Estienne (arts graphiques et publicité) à condition d'être le meilleur. Il s'y prépare comme un athlète.

Objectif Paris, se dit ce jusqu'au-boutiste. Pari gagné, il brûle les étapes : "Dès la deuxième année d'école, j'avais des clients et je ne demandais plus rien à mes parents." Fabrice emprunte trois sous à sa grand-mère et fonde P'Référence à 24 ans. L'agence connaîtra une croissance à deux chiffres dans les années qui suivent. Ses premiers contrats passent dans sa collection d'objets autour de Tintin. Salles des ventes, brocantes, boutiques, Fabrice Peltier rafle tous les objets du petit reporter et détient aujourd'hui une des plus importantes collections au monde. Depuis qu'il possède tout ce qui s'est fabriqué, il invente les pièces de ses rêves. "J'ai près de 4 000 pièces, que j'ai fait faire dans le monde entier. Son agence un grand loft, du côté de la Place Clichy, est organisé autour de sa passion. Tintin est partout. En lithos, en plaques émail, en maquettes, en bustes, en miniatures précieusement exposées dans des vitrines. Dans son bureau presque vide trône la plus belle pièce : une maquette en coupe de la fusée rouge, usinée sur commande. "On vit dans son rêve", lance un collaborateur perché sur un tabouret, entre le dernier Macintosh et la Castafiore. À vingt-quatre ans, avec le coffret de stylos feutre, des créatifs de l'époque, Fabrice Peltier a fondé cette agence qu'il ne vendrait pas pour tous les bijoux du monde. "Mon moteur n'est pas l'argent, mais de réaliser mes objectifs. Le premier était d'être libre et indépendant. Aujourd'hui, c'est de pérenniser vingt ans d'expérience et de transmettre à ceux qui prendront la relève." Réfléchir plutôt que foncer. Moins courir pour mieux marcher. Et surtout transmettre ses passions. 

Son premier logo créé à l'école Estienne, les empreintes rouges de son chat l'ont suivi longtemps. Il en reste le rouge, couleur de l'énergie et symbole de P'Référence. Il y a aussi désormais sa signature, qu'il sème dans les colonnes de Marketing Magazine et d'Emballage Magazine. Des lingettes au développement durable, Fabrice Peltier ausculte maux et tendances du packaging. Il prône "le design de l'ordure" mais confie aussi ses "déchirements", face à cet art éphémère et de mauvaise réputation écologique. "Le packaging est démocratique, c'est grâce à lui que tout le monde a pu manger des recettes exotiques ou boire de l'eau minérale. Et regardez tout ce qu'on fait d'une bouteille de plastique dans le tiers-monde !" L'apôtre de l'emballage, "filière industrialisée la mieux organisée du monde sur le plan du recyclage", peut prêcher des heures sur son art qu'il transmet lors de formations professionnelles ou conférences. Croyant mais pas aveugle : "Si le monde entier se met à consommer le quart des pays occidentaux, on est mort." Comme n'importe qui, la vue d'un sac plastique égaré sur une dune le navre. Mais il n'y a que lui pour avoir la gorge serrée en marchant sur un vieux ticket de la Française des Jeux abandonné sur un trottoir : "Je pense au créatif qui s'est arraché pendant des heures."

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fabrice peltier 2013"Bienvenue sur mon site. Vous y trouverez toute les informations sur mes activités créatives et l'ensemble de mes publications..."
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Anecdote...

Logotype Val de Marne - Fabrice Peltier

Mon premier logotype est sur une plaque d'égout ! J'ai créé le logotype du département du Val de Marne en 1983. Plus de 30 ans après, il est toujours d'actualité...

Tout beau, tout neuf...

Ampersand - Sidel - Fabrice Peltier

« Ampersand » est une sculpture composée de 600 bouteilles en plastique. Elle est suspendue dans l’espace visiteurs du centre de recherche et d’innovation de Sidel, à Octeville.

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Le packaging du mois...

Analyse Emballages Magazine - Packaging - Fabrice Peltier

Chaque mois, Fabrice Peltier analyse un nouveau packaging pour Emballages Magazine.

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Le truc rouge vissé...

On retrouve sur chacune de mes créations un bouchon rouge, bien vissé quelque part. La question : c'est quoi le truc rouge ?, m'est posée régulièrement.

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