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Fabrice Peltier Photographie - Recyclart Exposition Recyclart
Du 2 mai au 2 juin 2007
À l'Espace Guillaume Expo, à Paris

Fabrice Peltier, adepte de "l'éco-design" dès la première heure, s'attache à expliquer son métier et à en transmettre les bonnes pratiques. Aujourd'hui, c'est via la photographie qu'il délivre son regard singulier sur nos déchets d'emballages et sur la nécessité de les considérer autrement.

Une fois vidé de son contenu, un emballage ne doit pas être considéré comme un simple déchet, mais comme de la matière première à recycler ou à valoriser. C'est ce message que souhaite transmettre Fabrice Peltier, designer-packaging depuis plus de vingt-deux ans. Ses photographies de balles d'emballages usagés, prises dans des centres de tri, sont pour lui une ode au recyclage, une invitation à considérer autrement nos déchets, à qui il est impératif de redonner la vie.

 

 


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"La presse en parle..."d 

 
Nos déchets ont de l'avenir

Du 2 mai au 2 juin 2007, le designer-packaging Fabrice Peltier expose à l'Espace Guillaume Expo, dans le troisième. Une première pour ce concepteur-designer d'emballages, qui invite à porter un autre regard sur nos déchets et à imaginer leur vie d'après.

25 photos grand format. 25 photos de déchets. Apparemment, Fabrice Peltier, designer-packaging depuis 22 ans, aime nos poubelles. La preuve par les épreuves : il n'y a que cela. Les photographies de Fabrice Peltier sont une ode aux emballages en fin de vie. Pour les voir, il faut se rendre à l'Espace Guillaume, dans le troisième arrondissement de Paris. Restaurant-bar branché au rez-de-chaussée, lieu d'expositions aux deuxième et troisième étages. Un espace qui surprend par sa luminosité naturelle diffusée par une toiture de verre. Lumière qui, en ce moment, plonge sur des images de détritus, des images de 80 cm par 100, encadrées. Emballages papier compactés, bouteilles en plastique déformées, couleurs « flashies ", boîtes de conserve multiformes, canettes empilées : les ordures sont montrées telles quelles, sans artifice, en gros plan. Nous voilà en train de fouiller dans les poubelles, on pourrait presque les renifler. Un parti pris osé, qui n'est pas sans interpeller le visiteur. Interloqué celui-là : "Je ne comprends pas la démarche de l'artiste, il y a tant de belles choses à photographier... Pourquoi des rebuts ?" Conceptuel celui-ci : "Je n'ai pas le sentiment de voir des photos de déchets, mais plutôt des paysages." Le visiteur observe, concerné, parce que les ordures, ça questionne ; les rebuts, ça fait partie de notre vie. Et c'est sans doute ce que cherche Fabrice Peltier, qui veut "inviter les gens à regarder leurs déchets autrement".

Renverser la perspective
"J'ai voulu photographier les emballages parce que je trouve ça beau. Tout objet, même si c'est une ordure, est digne d'intérêt : c'est une question de regard" explique-t-il sérieusement. C'est donc à un changement de vision que nous invite l'artiste. Renverser la perspective, faire quelques pas dans sa tête... pour bouleverser son point de vue. Un grand écart, entre voir et regarder. "Ça ne ressemble vraiment pas à mes sacs poubelle, c'est beaucoup plus esthétique ! ", constate ce visiteur. « La plupart des gens ont le sentiment de voir de la peinture ou de la sculpture en photos", raconte l'artiste. C'est vrai que les photos de Fabrice Peltier ressemblent à de la peinture. Il faut dire que les rebuts qui sont offerts à notre regard, ne sont pas de simples déchets. Ils sont triés, classés, bien rangés. Papiers avec papiers, plastiques avec plastiques, métaux avec métaux... Bien mieux que les poubelles de recyclage en bas de chez nous.

"Pour les prises de vues, je vais dans des centres de tris sélectifs. Les emballages y sont séparés par matériaux. On les compresse pour en faire des balles - un peu comme les compressions de César. Je photographie les parties qui m'intéressent, en recadrant, en faisant des compositions." Fabrice Peltier photographie des ordures, mais au sens noble du terme. Pas de déchets abandonnés sur ses clichés. Aucun détritus orphelin ici. Des rebus choyés, prêts à être recyclés. Et forcément, c'est plus beau. De là à leur donner un titre... Juste des numéros : de un à 25. Au visiteur de laisser libre cours à sa créativité, à inventer des possibles.

Montrer des objets en devenir
Les emballages, il connaît. Fabrice en a créé plus de 10 000 depuis le début de sa carrière. Il conçoit leurs formes, leurs styles. Depuis une dizaine d'années, il s'attache à les rendre plus écologiques : travailler en amont pour qu'ils utilisent moins d'énergie, en aval pour qu'ils soient recyclés. "Un emballage recyclé n'est plus un déchet, c'est un objet en devenir, de la matière potentiellement recyclable, avec laquelle on peut refaire des emballages, ou d'autres choses...", explique-t-il. "La matière est transformable et doit être réutilisée. Rien ne se perd, tout se transforme : on est complètement dans cette tendance." L'exposition de Fabrice Peltier se veut donc militante : nos ordures ont de la valeur, il faut les considérer autrement, leur offrir un avenir, un autre cycle de vie, qui rejoindrait la nôtre. Pour lui, organiser cette exposition, transformer les emballages en images, c'est déjà une forme de recyclage. "Si les gens en viennent à mettre mes déchets dans leur salon, alors j'aurais gagné", laisse-il entendre à celui qui veut bien l'écouter. Hasard ou pas ? Par le passé, l'Espace Guillaume, qui ne portait pas ce nom, était une... joaillerie. De là à considérer nos rebus comme des bijoux...

Florent Lafarge

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Déballage en images

Fabrice Peltier, 46 ans, concepteur-designer d'emballages et adepte de l'éco-design, expose pour la première fois à Paris. Photographe engagé, il invite à considérer nos déchets autrement.

Il emballe Fabrice Peltier, dès la première poignée de main. Son sourire peut-être, sa verve sans doute, sa simplicité sûrement. Le pire, c'est qu'il ne le fait pas exprès, c'est tout naturel chez lui. Il faut dire qu'en matière d'emballer, il a de l'expérience : ça fait plus de 20 ans qu'il fait ça. Designer-packaging de métier, il conçoit les emballages, il les décore, il les vend. Il aurait pu s'en contenter encore longtemps, mais comme il est curieux, il a voulu voir ce qu'il y avait après. "Le geste ultime du consommateur, c'est quand il jette." Alors il s'y est jeté, lui aussi... dans les poubelles. Il a emprunté le chemin des déchets, pour mieux les comprendre. Et quand il est invité à raconter son histoire, il ne se fait pas prier.

Montrer "l'inmontrable".
C'est même le grand déballage : "La société d'hyper consommation actuelle génère beaucoup trop de rebuts, il faut utiliser moins de matières premières, trier nos ordures, les recycler surtout, pour en refaire des emballages, ou d'autres choses." Pour mieux raconter son voyage à travers les ordures, il a pris des photos. Il en fait depuis qu'il est gamin. Issu d'une formation aux techniques des Arts Graphiques, il s'est perfectionné à l'Ecole Supérieure Estienne, à Paris. Actuellement, ses clichés montrent "l'inmontrable", comme il dit : nos déchets, des boîtes de conserve écrasées, des bouteilles en plastique usées, de vieux morceaux de papier déchirés... Du 2 mai au 2 juin 2007, ces images sont visibles à l'Espace Guillaume, dans le cadre de l'exposition Recycl'art, dans le troisième arrondissement de la capitale (1).
Revoir tout le système.
Quand certains visiteurs lui disent que c'est laid, il ne les remballe pas méchamment. En ce moment, il ne remballe d'ailleurs que ses affaires Fabrice, quand il a fini de visiter les déchetteries. Il est convaincu et convaincant : "Les hommes de progrès sont ceux qui ont pour point de départ un profond respect du passé." Le passé, pour lui, ce sont les emballages en fin de vie ; le progrès, c'est ce qu'on veut bien en faire. "Beaucoup de travail est accompli, mais il faut aller plus loin : je suis frustré par les modalités de recyclage actuelles", confie-t-il. Et de vider son sac, comme les autres vident leurs poubelles : "Il faut revoir tout le système, l'urbanisme, les bacs verts et jaunes qui ne sont pas assez grands... " Parce qu'il a peur Fabrice, de l'héritage qu'on va laisser à nos enfants. Depuis des années, il porte le même message, il le décline dans ses livres sur l'emballage - il en a écrit deux (2) - mais au grand public via des conférences. Il milite quoi. "Nous sommes responsables, bientôt coupables", prévient-il depuis des années. Il ne veut pas que ses deux enfants aient quelque chose à lui reprocher : "Je ne supporterais pas qu'après ma mort, ils m'en veuillent d'avoir su... et de n'avoir rien tenté".

Florent Lafarge
(1) : Recycl'art, du 2 mai au 2 juin 2007, à l'Espace Guillaume Expo, 32 rue de Picardie, 75003 Paris.
(2) : L'eau, source d'innovation et La boîte, solution d'avenir (Pyramyd).

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